"Oublie ce que tes oreilles ont entendu, méprise les ragots et les contes de bonne femme, de jongleur ou de barde qui prétendront raconter les bons et les mauvais tours de Merlin. À part lui-même, je suis le seul à pouvoir dresser son portrait sincère." Ainsi parle le père Blaise au début du roman de Christian de Montella intitulé Le Graal noir.
C’est aux pas de Merlin et non à ceux d’Arthur que s’attache le lecteur de ce roman. Le magicien mystérieux est ici présenté comme un jeune homme (il a dix-neuf ans au début de l’histoire) qui entame sa marche vers l’âge adulte. Fils du diable, il attire à lui toutes les haines mais sa beauté fascinante en fait aussi le chéri de ces damoiselles.
Une nouvelle pierre à l’édifice arthurien
Christian de Montella permet une fois encore à la magie arthurienne d’opérer. En effet, on s’étonne toujours de voir que les légendes arthuriennes continuent de fournir la matière de nouveaux romans chaque année. Les aventures d’Arthur et de Merlin ne cessent de se renouveler et ne perdent jamais de leur charme. Ici on reste au plus près de l’Histoire
puisque c’est à Merlin, dont la "réalité historique" est beaucoup plus certaine que celle d’Arthur, que l’auteur redonne vie. Loin de l’image de vieillard amusant donnée par Walt Disney, le Merlin de Christian de Montella apparaît comme un être diaboliquement attirant, drôle et mystérieux à la fois. Son combat intérieur contre sa part démoniaque en fait un héros ténébreux et torturé qui plaira aux adolescents (et qui n’est pas sans rappeler celui d’Harry Potter contre Voldemort). Respectant la légende à la lettre, l’auteur n’oublie pas de mettre en place les éléments qui préparent et expliquent la mort de Merlin, victime de son amour pour Viviane.
La série Graal Noir de Christian de Montella vient de sortir au format de poche, une raison de plus pour se lancer dans sa lecture ! Mention spéciale aux illustrations de couverture qui sont particulièrement réussies.


