Auteur, notamment, de Mathématique du crime (2004) - adapté au cinéma sous le titre Crimes à Oxford et traduit en 20 langues - l’auteur argentin Guillermo Martínez a publié son premier roman en 1992. Ce court texte de 121 pages, La Vérité sur Gustavo Roderer, vient tout juste d’être traduit en français. L’occasion de se triturer les méninges, quelque peu hébété, en regrettant de n’avoir pas suffisamment été attentif en philo...
Gustavo Roderer est une énigme, un mystère, un mur. Lorsqu’il bat le quelque peu arrogant narrateur aux échecs, à leur première rencontre, on sait tout de suite que la relation qui va se nouer entre ces deux adolescents surdoués ne pourra qu’avoir une issue dramatique.
Car oui, il n’est pas ici question que de la première place en classe. Si Gustavo Roderer est aussi énigmatique c’est qu’il se consume dans un grand projet, une quête d’absolu qui confine à la folie. C’est là que la métaphysique rentre en jeu et qu’on est un peu à la peine.
L’équilibre de la raison et du chimérique
Il est parfois difficile de suivre les grands échanges des deux personnages principaux : entre Kant, la cosmologie ou la volonté de Roderer de faire table rase de tous les systèmes de pensée (mathématiques, philosophie, religion...) qui l’ont précédé, on ne peut s’empêcher d’être un peu perplexe, quand même.
Cependant, La Vérité sur... n’est pas rébarbatif, qu’on soit pur littéraire ou lecteur lambda. Il y a du Faust et même du Dorian Gray chez le finalement troublant Gustavo. L’atmosphère délétère dont Martínez parvient, incidieusement et sans avoir l’air de trop y toucher, à imprégner ses pages confine d’ailleurs au fantastique.
Bel exemple d’équilibre entre la raison et le chimérique, La Vérité sur Gustavo Roderer est un texte qui interpelle et hante, même, après lecture... Mais les mathématiques, c’est un cauchemar pour beaucoup, non ?
Livre reçu grâce à un partenariat entre NiL et Blog-o-Book.


